Le projet en contexte
Bordeaux compte quelques garages automobiles anciens, insérés dans le tissu habité, témoins d'une époque où la réparation se faisait en ville et non en périphérie. Leur reconversion est délicate : volumes bas, ventilation originelle inadaptée aux ERP de restauration, pollutions de sol éventuelles liées aux activités passées.
Le projet Le Garage part de l'un de ces bâtis, dans un secteur où l'offre de restauration est en recomposition. Le passage en ERP a supposé une complète dépollution ainsi qu'un important travail de remise aux normes, notamment pour l'accessibilité, la ventilation et la conformité incendie.
Les usages
Le restaurant accueille une clientèle de quartier et de destination, avec une fréquentation typique en deux services. Les flux cuisine-salle ont été dessinés pour que le service ne traverse jamais les tables centrales. Le bar, posé en bordure de salle, sert à la fois d'accueil et de poste de vente à emporter.
L'équipe de cuisine bénéficie d'une ventilation retravaillée et d'une zone plonge séparée. Le vestiaire et la zone réserve sont à l'arrière, non visibles depuis la salle.
Le parti pris
Ne pas masquer l'origine du lieu. La trame poteaux-poutres, le béton de sol, la hauteur du volume sont conservés et donnent à la salle son caractère principal. Le mobilier reste volontairement sobre, posé comme dans un loft, pour laisser le volume brut s'exprimer.
Deux points critiques ont reçu une attention soutenue : l'acoustique, car un volume de cette hauteur résonne vite, et la lumière, car un ancien garage est naturellement sombre. La réponse : faux-plafond acoustique local au-dessus des zones de service, suspensions basses qui rapprochent l'échelle à celle des tables, tissu aux banquettes, tapis ponctuels. La cuisine ouverte participe de l'ambiance visuelle et sonore.
Pitch presse« Le Garage restaurant, à Bordeaux, est une reconversion d'un ancien garage automobile en salle de restauration. Le parti pris est simple et tenu : ne pas masquer l'origine du lieu. La trame poteaux-poutres, le béton de sol, la hauteur du volume restent apparents — c'est le bâti brut qui fait l'ambiance, pas un décor. L'intervention porte sur l'acoustique et la lumière, deux disciplines critiques dans ce type de volume. La cuisine ouverte prolonge l'ambiance jusqu'au service. Sur 170 m² et 180 K€ HT, un programme modeste qui illustre une conviction : la reconversion vaut par la justesse du geste, pas par l'ajout. »









