Logement collectif Logement étudiant Co-maîtrise d'ouvrage

Art de Ville | Bordeaux | France

Loger des jeunes en formation dans un contexte urbain contraint : la volonté commune de trois maîtres d'ouvrage — Cogedim, Pulsar et Domofrance — réunis dans un même projet d'ensemble. 130 logements, 4 475 m², 8,45 M€, livré 2024.

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Partis pris
Porche
Porche
Commun
Commun
Seuil
Seuil
Programme 130 lgt étudiants + co-living
Surface 4 475 m² SDP
Coût 8,45 M€ HT travaux
Statut Livré 2024
Lieu Bordeaux Gironde (33)

Le contexte — ville étudiante et PLH 4

Avant d'être associée à ses congrès, à son vignoble ou à son patrimoine classé, Bordeaux est une ville étudiante. Or, l'offre de logements peine à répondre à l'ensemble des besoins de cette population, tandis que la demande continue de croître sous l'effet de l'expansion des formations supérieures, du développement des cursus en alternance et de l'augmentation des mobilités étudiantes internationales.

Le cadre politique du projet est celui du PLH 4 (2024-2029), qui acte une chose que les PLH antérieurs avaient tendance à diluer : le logement étudiant est un segment à part entière de la politique de l'habitat, pas un appendice résiduel du logement social. Cette spécificité programmatique se traduit par des exigences architecturales précises : le logement étudiant n'est pas un logement ordinaire réduit. Il obéit à une temporalité d'usage courte, à une densité d'usage élevée, à une interface singulière entre la ville et le campus.

La résidence, composée de 130 logements, participe à sa mesure à répondre à ce segment du parcours résidentiel métropolitain.

Le site — reconstruire la ville sur la ville

Avant toute esquisse, le site. La méthode BUPA tient à cet ordre : on lit avant de dessiner. Cette lecture porte sur plusieurs couches — parcellaire, topographique, végétale, flux, prospects — avant d'en proposer une nouvelle.

Le terrain n'était pas vierge : une parcelle entièrement imperméabilisée, dédiée au stationnement exclusif des voitures, jouxtant un immeuble des années 1980 dans un fort état de détérioration. Reconstruire ici, c'est d'abord réparer un sol et un fragment de quartier.

L'élévation s'inscrit dans le gabarit des opérations métropolitaines récentes sans devenir une tour ni une barre. En coupe, ce n'est ni une lame fine ni un bloc épais, mais une section calibrée qui autorise cette élévation dans un souci d'équilibre entre la transition avec l'existant et l'ambition future de ce fragment de ville.

La parcelle est bâtie en quasi-totalité. Mais l'on vient redonner un cœur d'îlot végétal sur la plateforme aménagée au-dessus du parking : il réduit l'effet d'îlot de chaleur et rend au sol une part de respiration.

Le programme — 130 logements en co-maîtrise d'ouvrage

130 logements étudiants, 4 475 m² SDP, 8,45 M€ HT, en co-maîtrise d'ouvrage associant trois acteurs : Cogedim (promoteur privé national), Pulsar (promoteur privé local) et Domofrance (bailleur social régional).

Cette co-maîtrise d'ouvrage est le point d'articulation du projet. Faire coexister, sur une même parcelle et dans un même ouvrage, des logements portés en partie par des opérateurs privés et en partie par un bailleur social impose une exigence architecturale claire : aucune différenciation perceptible, en façade comme à l'intérieur, entre les logements selon leur statut. Le montage ne se lit pas dans le bâti.

Les typologies mêlent T1 et T1bis pour le cœur de cible étudiant, et quelques T3 en co-living. La résidence vise par ailleurs la certification NF Habitat, exigence complémentaire intégrée dès la conception. Les parties communes — hall, local vélo, buanderie mutualisée — constituent le différentiel perceptible entre une résidence soignée et une résidence subie.

Le parti pris — sol, lumière, seuil

Trois disciplines ont structuré le projet. Elles reprennent les leviers que la philosophie de BUPA mobilise sur chacun de ses projets : le sol comme socle actif (pas de dalle unique, rez-de-chaussée travaillé comme une pièce avec ses seuils, ses prolongements, le local vélo en accès direct sur la rue) ; la lumière captée (chaque logement est monofacial, mais dessiné autour d'une grande ouverture généreuse qui traite le lien direct de l'intérieur vers l'extérieur) ; le seuil comme pièce (porte d'entrée de la résidence, hall, local vélo, palier, porte du studio — chacun dessiné avec le même soin que les pièces principales, et prolongé par la générosité des ouvertures).

Une discipline implicite : la matérialité. Isolation biosourcée, bardage bois, enduits, bardage métallique sur le cœur d'îlot, menuiseries aluminium — un vocabulaire choisi pour sa robustesse et sa capacité à vieillir, dans une résidence où les rotations sont rapides et les usages soutenus.

Le local vélo a été refusé en fond de sous-sol. Pour une population étudiante bordelaise, le vélo est le mode de déplacement quotidien le plus réaliste. Le local a été traité au RDC, dans le socle actif, avec accès direct depuis l'espace public et profondeur calibrée.

L'économie — 8,45 M€, NF Habitat intégré

Le coût travaux s'est établi à 8,45 M€ HT pour 4 475 m² SDP, soit un ratio d'environ 1 888 €/m² SDP. Cohérent avec les fourchettes du logement étudiant qualifié en co-maîtrise d'ouvrage public-privé, ce ratio intègre l'exigence NF Habitat dans le coût de construction, ainsi que les parties communes mutualisées, l'équipement du local vélo, les réseaux numériques et la sécurisation des entrées.

Le chantier lui-même fut un poste à part entière : intervenir en site urbain dense, sur un terrain contraint et déjà très imperméabilisé, suppose une logistique serrée et une coordination soutenue entre les corps d'état.

L'économie du projet est aussi celle du sol. Reconstruire la ville sur la ville, sur des terrains déjà imperméabilisés, en rendant une partie du sol à nouveau perméable tout en proposant une densité qui répond aux enjeux de demain : c'est la trajectoire qui mène à l'objectif ZAN 2050. Aucun euro n'est décoratif ; chaque poste a été interrogé contre son effet sur le coût d'usage à vingt ans.

L'usage — vie étudiante et temporalité

Une résidence étudiante n'est pas un immeuble de logement parmi d'autres. C'est une adresse organisée autour de rythmes spécifiques : calendrier universitaire rythmé par les semestres, horaires décalés de cours et de partiels, présences fractionnées par les stages et les mobilités, trajets répétés vers les pôles d'enseignement.

La temporalité courte — neuf à vingt-quatre mois, parfois moins — commande une discipline d'usage particulière. Chaque logement sera occupé par plusieurs dizaines d'étudiants sur la durée de vie de l'ouvrage. Les revêtements, les équipements, les serrureries doivent supporter cette rotation sans se défaire. Les plans doivent rester lisibles par un occupant qui découvre son logement en septembre.

Les parties communes sont le théâtre de la sociabilité étudiante : hall en lien direct avec le local vélo et la boîte aux lettres, buanderie mutualisée traitée comme un lieu soigné. Le cœur d'îlot, aménagé et végétalisé, accueille ces lieux de rencontres informelles qui font la différence entre une adresse où l'on dort et une adresse où l'on vit.

La fabrique — une synergie d'ingénieries

La maîtrise d'œuvre a été portée par BUPA Architectures, architecte mandataire, avec une équipe technique intégrée dès la phase diagnostic. La synergie a réuni EDS pour la structure, Ingénierie Développement pour les fluides, Polyexpert pour la thermique et l'acoustique, les Ateliers Montarou pour l'économie et la mission Moex, et Qios pour la certification NF Habitat — chacun apportant la compétence sans laquelle la coordination d'un tel ouvrage ne tiendrait pas.

La co-maîtrise d'ouvrage Cogedim + Pulsar + Domofrance a imposé une discipline de réunion : chaque décision programmatique devait pouvoir être expliquée et acceptée par trois cultures d'opérateur — rentabilité privée, équilibre mixte, convention sociale. La pédagogie d'agence, dans ce contexte, a été un poste de travail à part entière.

L'environnement — biosourcé, biodiversité, réseau de chaleur

Le projet engage une démarche environnementale concrète plutôt que déclarative : isolation et façades en matériaux biosourcés, qui réduisent l'empreinte carbone de la construction et améliorent le confort d'été ; compacité maîtrisée du bâti ; cœur d'îlot rendu perméable.

Une attention particulière a été portée aux populations d'oiseaux de la ville : des nichoirs à martinets sont intégrés à la façade. La résidence vise la certification NF Habitat et est raccordée au réseau de chaleur urbain — deux engagements qui prolongent, dans l'exploitation, la sobriété recherchée à la conception.

La portée — l'ordinaire noble d'une ville universitaire

Le logement étudiant n'est pas un logement au rabais : c'est l'ordinaire noble d'une ville universitaire. Une résidence étudiante bien dessinée demande, proportionnellement, autant de dessin qu'un logement familial — et parfois davantage, parce que les sociabilités y sont plus intenses et les rotations d'occupants plus rapides.

Le projet a consolidé une conviction structurante : la co-maîtrise d'ouvrage est une discipline de programmation. Elle oblige l'architecte à tenir, sur un même ouvrage, des horizons d'opérateur différents sans que la pluralité des statuts ne se lise dans le bâti. Cette exigence d'indifférenciation perceptive est, pour nous, une des disciplines les plus formatrices du métier contemporain.

Pitch presse

« 130 logements étudiants livrés en 2024 à Bordeaux, sur 4 475 m² pour 8,45 millions d'euros. La singularité du projet n'est pas dans le programme mais dans son montage : une co-maîtrise d'ouvrage réunissant Cogedim, Pulsar et Domofrance — deux promoteurs et un bailleur social sur le même ouvrage. Notre travail d'architecte a été de tenir l'unité formelle malgré la pluralité des statuts, sans qu'aucune différence ne se lise entre les logements. Le sol, la lumière, le seuil : trois disciplines simples qui, sur un projet contraint par trois cultures d'opérateur, transforment un programme ordinaire en architecture qui tient — dans une démarche environnementale assumée, des matériaux biosourcés aux nichoirs à martinets, de la certification NF Habitat au réseau de chaleur urbain. »

Galerie complete

Toutes les photos du projet. Les plans sont consultables ci-dessous.

Art de Ville — Vue principale
Vue principale
Art de Ville — Vue 2
Vue 2
Art de Ville — Vue 3
Vue 3
Art de Ville — Vue 4
Vue 4
Art de Ville — Vue 5
Vue 5
Art de Ville — Vue 6
Vue 6
Art de Ville — Vue 7
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Art de Ville — Vue 8
Vue 8
Art de Ville — Vue 9
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Plans et façades

Plans, coupes et façades. Cliquez pour agrandir.

Coupe — Art de Ville

Plan

Coupe

R+1 — Art de Ville

Plan

R+1

R+4 — Art de Ville

Plan

R+4

R+7 — Art de Ville

Plan

R+7

RDC — Art de Ville

Plan

RDC

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