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Tribune · 2026 · n°04 · Tribune courte

Pour une architecture enseignée — 10 propositions pour la formation en Nouvelle-Aquitaine

La formation architecturale en Nouvelle-Aquitaine est excellente et fragile. Excellente par l'ENSAP Bordeaux, fragile par la distance qui persiste entre école et agences. Dix propositions concrètes — cinq pour l'école, cinq pour les agences — pour refaire du projet pédagogique un projet partagé, sans céder à la marchandisation du savoir.

Date13 mai 2026
Longueur~900 mots
Lecture≈ 5 min
FormatTribune courte

Un silence poli

Il y a, dans la profession, un silence poli sur la formation. On critique à voix basse, on loue en public, on recrute en espérant. Ce silence ne sert personne. L'enseignement architectural français, et singulièrement l'ENSAP Bordeaux à laquelle BUPA est attachée, tient un cap exigeant : il forme des architectes, pas des techniciens de la norme. Mais il le fait sous tension — moyens contraints, semestres serrés, pression de l'emploi. Paul Chemetov, dans 20 000 mots pour la ville, plaidait pour une pensée longue, lente, articulée, contre la tyrannie du vocabulaire administratif. Nos écoles en ont besoin ; nos agences aussi.

Cinq propositions pour l'école

  1. Rendre obligatoire, dès le master, un semestre de chantier suivi — pas d'un stage-observation, mais d'un suivi d'exécution continu.
  2. Ouvrir les jurys de PFE à parité agences-enseignants, sans cooptation : listes tournantes, défraiements sérieux.
  3. Inscrire l'économie du projet (coût d'usage, frugalité, réemploi) comme discipline à part entière, pas comme option.
  4. Installer une chaire régionale "sol et pleine terre" croisant architecture, paysage, écologie urbaine.
  5. Publier systématiquement les PFE en accès ouvert — l'école doit être une bibliothèque vivante.

Cinq propositions pour les agences

  1. Rémunérer les stages au-dessus du minimum légal, sans exception : un stage sous-payé est un stage mal encadré.
  2. Désigner dans chaque agence un référent formation, identifié, disponible, non-dilué dans la production.
  3. S'engager annuellement sur un volume d'heures d'enseignement vacataire — pas un name-dropping occasionnel.
  4. Publier au moins un projet par an en format critique (plans, coupes, chiffres, erreurs) et pas seulement en images.
  5. Ouvrir les agences aux PFE : visites de chantier, accès aux dossiers, temps de discussion hors entretien d'embauche.

L'engagement BUPA

Nous tenons ces dix lignes comme une exigence, pas comme un affichage. Frantz Buhler intervient comme jury PFE à l'ENSAP Bordeaux [volumétrie exacte à confirmer], comme vacataire ponctuel [à confirmer], et l'agence s'engage à publier chaque année au moins un projet en format pédagogique — plans annotés, coupes commentées, épaisseur et prospect expliqués. L'opération Part des Anges (154 logements + crèche + bureaux, 10 029 m², Grand Prix Pyramides d'Argent) et la Résidence étudiante R+7 (137 logements, 3 470 m², Cogedim-Pulsar-Domofrance) serviront de premiers supports.

L'encadrement des stages fait l'objet, à BUPA, d'une charte interne : chaque stagiaire est rattaché à un architecte chef de projet, dispose d'un temps hebdomadaire de discussion de projet, et quitte l'agence avec un retour écrit. Ce n'est pas un luxe ; c'est la moindre des choses.

Nous n'aurons pas d'architecture juste sans formation juste. Le sol sur lequel nous bâtissons commence dans les ateliers de l'école. Il se prolonge dans les agences, ou il s'y éteint. La Nouvelle-Aquitaine, qui est une région de projets denses et de paysages exigeants, mérite mieux qu'un dialogue de couloir entre ENSAP et profession. Elle mérite un pacte.

Signature

Frantz Buhler, architecte DPLG — fondateur BUPA Architectures, Bordeaux

Tribune courte destinée à la presse spécialisée. Cibles pressenties : AMC, d'A, Sud Ouest, site ENSAP Bordeaux. Diffusion sur sollicitation rédactionnelle.

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